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Sport et Sante Bucco Dentaire Article Insep

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Colloque INSEP

Santé dentaire des sportifs

Thierry MAUDET Directeur Général de l’INSEP

Je suis très heureux, en ma qualité de Directeur Général de l’INSEP, d’accueillir votre colloque national de santé publique.

Ce colloque est l’un des « produits » de la collaboration entre l’UFSBD et l’INSEP, et plus particulièrement avec son service médical.

 Nous avons signé une convention de partenariat en 2010 dans le but de promouvoir la prévention et l’éducation à la santé bucco-dentaire des sportives et des sportifs de haut niveau.

Ce sujet de la santé bucco-dentaire des sportif(ve)s est l’une des questions médicales importantes sur le plan de la santé publique.

La santé buccodentaire a un impact sur le bien-être, la santé et les performances sportives.

Depuis 1998, l’INSEP possède un cabinet dentaire - agréé par la CPAM - qui réalise des actions de prévention, de soins conservateurs et de petites prothèses.

Grâce au plan de rénovation de l’INSEP initié en 2007, ce cabinet, qui emploie quatre dentistes vacataires et une assistante dentaire, a été doté d’un matériel ultra moderne et performant, avec notamment une radiographie numérique, un fauteuil (très) ergonomique, une salle de stérilisation…

 Afin de respecter le cadre réglementaire de la surveillance médicale obligatoire (SMR), les sportif(ve)s de haut niveau réalisent un examen dentaire annuel certifié par un(e) spécialiste.

Ils bénéficient, aussi, de soins et de conseils prodigués par des chirurgiens-dentistes motivés qui participent, notamment, aux travaux de la cellule de l’UFSBD sur le sport et la santé bucco-dentaire.

Nous avons la chance d’avoir avec nous Liliane Marguet, athlète de demi-fond, accompagnée de son entraîneur Bruno Cajère.

Comment vivez-vous votre condition d’athlète et quel rapport entretenez-vous avec la santé en général et la santé bucco-dentaire en particulier?

Liliane MARGUET : Je suis au pôle athlétisme de l’INSEP. Je fais très attention aux soins dentaires. Chaque année, nous bénéficions d’un suivi. L’athlétisme est presque comme un métier, même si je ne suis pas professionnelle.

Je double les entraînements jusqu’à deux à trois fois par semaine.

Bruno CAJERE : J’ai l’habitude de dire que le sport de haut niveau n’est pas bon pour la santé.

Il existe une grande différence entre la pratique physique et le sport de haut niveau.

Dans le second cas, les corps sont poussés au maximum. Nous avons une certaine particularité. Le corps est une machine que l’on va utiliser au maximum.

Certaines personnes ont de grandes capacités physiques. Nous les amenons au maximum de leurs possibilités.

Le sport de haut niveau provoque énormément de traumatologie. Le service médical de l’INSEP s’arrache les cheveux.

Cela fait partie du quotidien du sportif de haut niveau, qui doit rester « en état ». Les sportifs de haut niveau sont toujours en bonne santé.

Leur longévité est excellente car ils conserveront toute leur vie cette habitude d’utiliser leur corps.

J’ai été professeur en collège et en lycée. J’ai pu constater une nette dégradation de la condition physique des jeunes. L’éducation physique n’est pas du tout adaptée.

Nous devrions commencer par l’éducation à la santé et l’activité physique de base. Nos enfants ne marchent plus et ne courent plus assez. Nous sommes coincés par l’activité universitaire de l’éducation physique.

Au fil des années, lorsqu’ils amènent les élèves à la piscine, les professeurs voient les corps se dégrader. Ils constatent les dégâts de notre alimentation et de notre sédentarité.

Depuis 1998, l’INSEP dispose d’un cabinet dentaire. Je doute que beaucoup d’autres centres sportifs de par le monde soient équipés de la sorte. Est-ce important pour les athlètes? Est-ce un plus considérable?

Sur 200 sportifs interrogés, environ 15 % ont expliqué leurs contre-performances par des problèmes dentaires.

Liliane MARGUET : L’année dernière, je me suis blessée au talon d’Achille en fin d’année. Je me suis précipitée au cabinet dentaire de l’INSEP pour savoir s’il y avait un lien. Ce cabinet dentaire est vraiment un plus. 

Bruno CAJERE : Évidemment que c’est un plus. Les athlètes doivent maintenant réaliser un bilan dentaire, avec un panoramique dentaire. Le cabinet permet de détecter d’éventuels problèmes en amont.

Les sportifs de haut niveau arrivent de milieux socioprofessionnels très différents.

Leurs relations à la santé bucco-dentaire sont donc très variables.

Pouvoir réaliser des soins à l’INSEP est un plus car les dépenses dentaires sont élevées.

De la salle : Je suis chirurgien-dentiste en Seine Saint-Denis. Les pensionnaires de l’INSEP ont-ils l’obligation d’une visite annuelle dans un cabinet dentaire?

Sont-ils obligés de se faire soigner si des problèmes sont détectés ?

Jean-Robert FILLIARD : Lorsque nous avons mis en place le cabinet dentaire de l’INSEP, nous nous sommes rendu compte que les sportifs ne faisaient pas soigner les problèmes que nous détections.

Petit à petit, nous en sommes donc venus aux soins conservateurs.

 À présent, nous faisons même des petites prothèses. Nous agissons beaucoup en prévention.

Il est important de pouvoir détecter les dents de sagesse chez les jeunes de 16/17 ans. Dans ce genre de situation, nous réalisons systématiquement le panoramique dentaire.

De la salle: Je suis mère d’une skieuse de haut niveau. J’ai toujours rempli ses bilans dentaires, mais je pense qu’il faudrait ajouter l’orthodontie afin que les athlètes aient une meilleure occlusion.

Or ce n’est pas du tout dans le dispositif. Quant au panoramique, il ne me semble pas qu’on en ait demandé un à ma fille, qui a 23 ans aujourd’hui.

Jean-Robert FILLIARD : Ce n’est pas obligatoire. Nous ne pouvons pas obliger des enfants à être irradiés par despanoramiques dentaires. Le brossage régulier et de qualité des dents au moins deux fois par jour est un point essentiel pour une préservation de la santé bucco-dentaire.

Source: Colloque INSEP- UFSB