contenu de la page google-site-verification: googleb7ee7e71e99a4fbc.html

Traumatologie - Protège-dents

Soins Dentaires

Traumatismes sportifs

Traumatologie dentaire

Etat des lieux et prévention des traumatismes

Dr Elisabeth ROY Chirurgien-dentiste,

En charge de l’enseignement de traumatologie à la faculté dentaire de Nantes

(Résumé Colloque INSEP - UFSB)

Nous allons d’abord essayer d’identifier les sports à risque du point de vue dentaire, puis les circonstances de survenue des accidents.

Par la suite, nous verrons comment prendre en charge les traumatismes dentaires, aussi bien en cabinet que sur les lieux de l’accident, que l’on soit dentiste ou non.

Enfin, nous verrons comment éviter ces traumatismes dentaires. Il est difficile de donner des chiffres précis quant à l’incidence du sport en traumatologie dentaire.

Les résultats d’une douzaine d’études menées depuis vingt ans sont très disparates car les auteurs de ces études ont travaillé sur des échantillons réduits de population. En tout cas, il apparaît clairement que l’incidence du sport augmente en traumatologie dentaire.

Il existe plusieurs causes de traumatisme dentaire: les chutes, les bagarres, les piercings, l’hyperactivité chez l’enfantou le handicap. Quoi qu’il en soit, le sport est en augmentation dans les causes de traumatologie dentaire. C’est tout simplement lié à l’augmentation de la pratique sportive.

Les sportifs amateurs sont beaucoup plus atteints que les sportifs professionnels ou de haut niveau car ces derniers maîtrisent mieux leurs gestes. Ils sont également mieux encadrés et mieux informés.

La traumatologie dentaire représente entre 2,5 et 5 % de la traumatologie globale dans le sport. Ce chiffre est beaucoup plus élevé dans le rugby, le football américain, le hockey sur glace et les sports de contact. Toutefois, le basket, lehandball et le football sont également de grands pourvoyeurs de traumatologie dentaire.

Le plus souvent, les traumatismes surviennent à l’occasion de chutes ou de contacts directs sur une action de jeu - coup de tête, coup de coude, coup de genou.

Certains sportifs heurtent même le matériel posé à la périphérie du terrain - panneau publicitaire.

Il ne faut pas oublier non plus l’agressivité des joueurs et le non-respect des règles de sécurité comme le port des protège-dents.

Il existe une conduite à tenir pour chaque type de traumatisme dentaire.

De ce point de vue, le site Internet dentaltraumaguide.org est une référence.

Chaque type de traumatisme y est décrit par des photos, des radios et des schémas.

Le mécanisme du traumatisme est exposé. Les répercussions sur la dent sont montrées. Tous les éléments de diagnostic sont rappelés, avec les définitions et les signes cliniques.

Ce site propose également les phases clés du traitement. Les informations à donner au patient sont rappelées, de même que les phases importantes de son suivi.

En cas de traumatisme, le premier message à faire passer est qu’il faut recevoir le patient au plus vite, si possible dans la journée de l’accident.

Lorsqu’une dent est fracturée, le risque de contamination bactérienne est très important, a fortiori dans les cas d’exposition de la pulpe de la dent.

Chez l’adulte, cette contamination peut provoquer la nécrose de la dent. Chez l’enfant, un traumatisme mal pris en charge peut aller jusqu’à la perte de la dent avant la fin de croissance, d’où l’importance d’agir très vite.

De même, les dents déplacées ou totalement expulsées sont très faciles à remettre en place immédiatement.

En revanche, après une journée, un caillot va se former entre la dent et la paroi osseuse.

Les recommandations internationales nous demandent de réaliser trois incidences radiographiques par dent traumatisée: l’incidence orthocentrée avec angulateur nous permet de mieux visualiser les rapports de la pulpe avec la dent et la zone du traumatisme, tandis que le cliché occlusal et le cliché excentré latéralement ou mésialement permettent de repérer les luxations, les agressions et les fractures, qu’elles soient de la racine ou de l’alvéole.

Les clichés occlusaux permettent de bien voir tous les mouvements de déplacement.

Les clichés excentrés permettent de bien visualiser les fractures. Dans un cabinet dentaire, le geste d’urgence à privilégier est le coiffage.

Le coiffage pulpaire peut être pratiqué lorsque l’exposition est inférieure à 1 millimètre. Lorsqu’elle est supérieure à 1 millimètre, il faut réaliser une pulpotomie partielle.

La dent doit être isolée du milieu extérieur. Il est extrêmement important d’isoler le matériau de coiffage.

Ce qui compte, c’est de protéger très vite. Si la reconstitution esthétique ne peut pas être faite lors de la séance, le coiffage doit être protégé, par exemple par un bandeau de composite.

Le sportif pourra alors être revu quelques jours plus tard. Un autre geste indispensable en urgence est la pose de contention. Celle-ci survient dans les cas de dépassement de la dent ou de fracture radiculaire.

L’examen radiographique est très important pour différencier une dent luxée d’une dent fracturée.

Le préalable à la contention est toujours le repositionnement.

En général, il se fait tout simplement avec le doigt. La contention est positionnée en s’appuyant sur une dent saine de chaque côté de la dent traumatisée.

La contention doit être souple pour que la dent reste fonctionnelle. Un bandeau de composite peut très bien dépanner avant une meilleure contention. Voilà ce que peut faire un chirurgien-dentiste en cas d’urgence.

Des conseils doivent également être donnés aux encadrants lorsqu’un accident survient sur un terrain de sport. En cas de fracture coronaire d’une dent, il faut conserver le morceau de dent cassée dans de l’eau, du sérum physiologique ou une Dentobox.

De la sorte, lorsque le chirurgien-dentiste aura récupéré ce fragment, il pourra le coller. La dent expulsée doit être réimplantée sur le coup.

À défaut, elle doit être conservée dans du lait, du sérum physiologique ou une Dentobox. Le geste de réimplantation est assez simple: la dent doit être prise par la couronne, si possible avec des mains propres.

Elle doit être nettoyée avec de l’eau, du lait ou du sérum physiologie et peut ainsi être remise en place.

La dent reprendra sa place naturellement. L’anesthésie n’est pas nécessaire car le geste n’est pas douloureux. Une fois la dent réimplantée, il faut faire mordre le blessé sur une compresse et l’envoyer au plus vite dans un cabinet dentaire.

Voyons maintenant comment essayer d’éviter ces traumatismes dentaires.

Nous avons déjà évoqué les sports à risque. Parmi les facteurs de risque, il faut signaler tous les antécédents de traumatisme dentaire.

Signalons également un traitement orthodontique en cours ou un mauvais état de santé dentaire et parodontal suite à un mauvais brossage ou insuffisant.

Il existe différents types de protections dento-maxillaires. Quels qu’elles soient, les objectifs sont toujours les mêmes. Il s’agit de protéger les dents maxillaires

contre les chocs directs afin d’éviter les fractures, les déplacements et les expulsions dentaires.

La protection dento-maxillaire isole les dents des muqueuses, des joues, des lèvres ou de la langue.

Elle permet donc d’éviter les plaies des tissus mous. Les protections dento-maxillaires solidarisent l’arcade maxillaire et l’arcade mandibulaire.

Elles amortissent les chocs interarcades et limitent les fractures mandibulaires. L’oreille interne est également protégée. Les protège-dents doivent être atraumatiques, biocompatibles et élastiques, autrement dit confortables et indéformables.

Ils doivent également être stables et rétentifs, ainsi que permettre la communication, la ventilation buccale et la déglutition.

Les protège-dents de classe 1, que l’on trouve dans le commerce, ne sont pas adaptables.

Pour les maintenir en place, le sportif doit serrer les dents. Très souvent, le protège-dents est perdu en cours de pratique.

Encore plus souvent, il n’est pas porté. D’autres protège-dents, que l’on trouve surtout dans les pays anglo-saxons, sont semi-adaptables avec de la résine.

Toutefois, cette résine s’en va et a très mauvais goût. Il existe des protections dento-maxillaires semi-adaptables thermoformables: il faut les plonger dans de l’eau chaude pour les adapter.

Toutefois, ces protections sont très volumineuses. Il est très difficile de parler en les portant et la ventilation de l’effort n’est pas adaptée avec ce type de protège-dents.

La protection dento-maxillaire à recommander est la protection individuelle issue d’empreintes et réalisée dans un cabinet dentaire par un professionnel.

Ce sont les seules protections dento-maxillaires qui répondent aux objectifs et aux impératifs évoqués.

Leur réalisation nécessite une étape en laboratoire. Il existe des protections de classe 3 et des protections de classe 4. Les secondes sont utilisées dans les sports où le risque de choc violent est important. Ces protections dento-maxillaires incluent un renfort rigide.

Certaines protections associent différentes couches de résine, plus ou moins épaisses en fonction du sport pratiqué.

Nous avons donc des moyens à notre disposition, mais une question demeure: pourquoi les sportifs ne les portent-ils pas? Les amateurs qui portent ces protections dento-maxillaires sont soit des enfants de dentistes, soit des patients qui ont déjà eu un traumatisme dentaire.

Pour ne pas porter ces protections, les sportifs invoquent une communication difficile.

C’est vrai avec un mauvais protège-dents acheté dans le commerce, ça ne l’est pas avec une protection sur-mesure. Il en va de même pour la respiration difficile: un protège-dents individuel permet de bien respirer.

Les sportifs évoquent également l’aspect inesthétique ou l’absence de nécessité.

Ils pensent même que leur performance sera diminuée avec une protection dento-maxillaire.

Aucun de ces arguments ne tient.

 Nous avons simplement un effort de pédagogie à effectuer pour convaincre les sportifs, leurs familles et les encadrants: les protections dento-maxillaires sont absolument indispensables.

En résumé, les traumatismes dentaires doivent être pris en charge au plus tôt, dans la journée. Les sportifs doivent consulter leur dentiste annuellement pour limiter les facteurs de risque et prendre conscience de l'importance d'un brossage dentaire régulier et de bonne qualité.

Enfin, les protections dento-maxillaires individuelles sur-mesure sont à privilégier.

Source: Colloque INSEP -UFSB